Jan 29, 2009

7 Cambodge


Cambodian rocks, 1960-1970, Parallel World, 1996

Cambodian cassettes archives vol. 1. Khmer folk & pop vol. 1, Sublime Frequencies, 2004

Avant la prise de pouvoir par les Khmers rouge en 1975, le Cambodge était en pleine effervescence culturelle et sa musique populaire, alors très influencée par l’occident, était l’une des plus développées en Asie du Sud-Est.

C’est en 1963, que Sinn Sisamouth, considéré aujourd’hui comme le roi de la pop cambodgienne, enregistre le premier hit de rock’n’roll au pays. Pour la première fois, la chanson « Champa Batdambang » mettait à l’avant-scène un groupe de musiciens s’inspirant du rock’n’roll et rhythm’n’blues anglo-saxon. Le succès fut instantané et la carrière de Sinn Sisamouth pris un tel envol qu’il composa et enregistra plus de 500 chansons et inspira toute une génération de jeunes musiciens à former des groupes de musique populaire.

Le coup d’état et la prise du pouvoir par Pol Pot et les Khmers rouges en avril 1975, entraîna un génocide dévastateur pendant lequel plus de 90 % des musiciens furent tués. Le régime visait ainsi à effacer toutes traces de l’influence de l’occident en éliminant les intellectuels, les professeurs et les artistes en plus de détruire les ouvrages culturels dont les livres et les disques. Les disques produits au Cambodge avant les années 1980, sont donc aujourd’hui extrêmement rares. La musique des années 1960 et 1970 est plutôt disponible via des cassettes produites pendant les années 1980 et 1990. Ils existent actuellement plusieurs compilations de musique pop cambodgienne assemblées à partir de ces cassettes de qualité variable. Ces compilations sont en général le fruit d’amateurs s’étant procuré leurs cassettes directement auprès des vendeurs itinérants de Phnom Penh ou encore conçues à partir de fonds d’archives musicales des diasporas cambodgiennes tel que Cambodian Cassette Archives, Khmer Folk and Pop Music Vol. 1 paru en 2004 chez Sublime Frequencies.

À écouter :

Sinn Sisamouth, Ros Sereysothea et Pan Ron sont sans doute parmi les plus connus des chanteurs cambodgiens des années 1960 et 1970. La compilation Cambodian Rocks comprend une vingtaine de chansons originales ainsi que des interprétations de succès occidentaux comme une version déstabilisante du classique Gloria. L’ensemble des chansons sont chantées en langue khmer et le résultat de ce mélange de mélodies traditionnelles et de rock garage américain est, bien que pas toujours facile à écouter, unique. Les solos d’orgues et de guitares électriques sont nerveux, stridents et parfaitement maîtrisés, et à l’écoute de la voix de Ros Sereysothea sur Wait 5 more months je me demande toujours comment est-il humainement possible de chanter aussi aigu.

La dernière des trois chansons fut probablement enregistrée au début des années 1980. Elle témoigne de l’évolution de la musique populaire cambodgienne après le génocide. Malheureusement l’interprète ainsi que le lieu de l’enregistrement de cette chanson sont aujourd’hui inconnus, ce qui n’empêche aucunement d’en apprécier son air de clavier un peu cheap, mais accrocheur.

Maok Pi Naok -Sinn Sisamouth accompagné de Ros Sereysothea, Pan Ron et Dara Jamchan

Wait 5 more months – Ros Sereysothea avec Seang Vanthy et Jam 5 Kai Thiet

Sat Tee Touy ou Yea Hua Dam – chanteur inconnu

3 comments:

icastico said...

I love these.

Boebis said...

joli billet sur ces magnifiques musiques

Lg said...

merci.