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Feb 24, 2014

37 Mongolie


Altaï Kangaï, Ongod, Full Rhizome/Buda musique, 2013

La Mongolie, localisée au cœur de l'Asie, est un pays que je connaissais surtout à travers des images de steppes, de montagnes, de chevaux et de villageois en habits traditionnels de type National Geographic. Quand l'équipe de Full Rhizome m'a fait parvenir ce disque, j'avais donc en tête une série de clichés et quelques doutes à savoir si j'allais être en mesure de m'immerger dans les traditions musicales de ce pays.

Nommé d'après les deux chaînes de montagnes qui bordent le pays, l'Altaï et le Kangaï, le groupe Altaï Kangaï pérpétue le patrimoine musical mongol depuis plus de 20 ans. Ce patrimoine musical s'articule principalement autour du chant de gorge (Khoomii) et de la viele à tête de cheval. Le chant de gorge est un type de chant très complexe dans lequel le chanteur tente de reproduire des sons issus de la nature en modulant sa voix par l'utilisation des lèvres et du pharynx. Le chant peut prendre la forme d'un profond bourdonnement ou encore d'un chant plus mélodieux. Il est à noter qu'il ne s'agit pas d'un type de chant exclusif à la Mongolie; on le retrouve également au Tibet, en Chine et chez nous, au Québec. D'ailleurs, le gouvernement du Québec vient de reconnaître le Katajjaniq, le chant de gorge inuit, comme un élément important du patrimoine immatériel québécois. Bravo ! La viele à tête de cheval peut quant à elle être considéré comme l'instrument national mongol.  C'est un instrument constitué d'une caisse de résonnance et d'un long manche surmonté d'une magnifique tête de cheval (voir la photo de la pochette). L'instrument comprend 2 cordes et est joué avec l'aide d'un archet; le son rappelle celui d'un violoncelle.

De manière générale, les arrangements sont très simples et articulés principalement autour de la viele à tête de cheval et du chant de gorge. Parfois s'ajoutent une cithare et un rythme primitif joué sur une grosse caisse. Malgré ce minimalisme, la musique est toujours envoûtante et d'une grande beauté. Ce disque comprenant effectivement son lot d'odes à la nature met en valeur magnifiquement le patrimoine musical mongol et, contrairement à ce que j'anticipais, il fut une de mes plus belles découvertes de 2013.


Vivement recommandé!! 



Plus d'infos sur le site de Full Rhizome.  

Et voici le vidéo pour la même chanson :


Altaï Khangaï from Full Rhizome on Vimeo.

Dec 9, 2012

Petit bonus chinois !

Comme je le disais dans le billet précédent, les disques chinois sont souvent une bonne source de surprises.  Et pour appuyer cette affirmation, voici 3 chansons tirées de ce disque intrumental qui est dans son ensemble franchement pas pire !! Comme je ne peux décrypter les infos de la pochette, je vous laisse apprécier la musique de ces trois biscuits chinois.   Peut-être qu'un lecteur pourrait nous éclairer sur ce disque paru sur le label Life records en 1974.  


Biscuit no. 1


Biscuit no. 2


Biscuit no. 3 

Dec 2, 2012

31 Chine


Teresa Teng, Colorful Ripples, Life records, 1974 

Dernièrement, je me suis mis à acheter des disques provenant de la Chine et de la Corée du Sud puisqu’ils sont souvent à prix doux et généralement une bonne source d’agréables surprises. Une de mes meilleures trouvailles est cette bande sonore du film The Colorful Ripples paru en Chine en 1974  et mettant en vedette la jeune chanteuse et actrice prodige Teresa Teng. 

Née à Taiwan, Teresa Teng connut une carrière intense qui débuta au milieu des années 1960 et qui s’acheva brutalement par sa mort en 1995 à l’âge de 42 ans. Dès son enfance Teresa Teng s’illustra lors de concours et de compétitions de talents. Cependant, c’est pendant les années 1970 que sa carrière prit véritablement son envol et qu'elle devint une icône de la culture pop en Chine ainsi qu’à travers l’Asie. Pedant cette période, en plus de travailler comme actrice, elle enregistra une quantité impressionnante de disques. En fait si grande, qu'elle ferait passer des groupes occidentaux très productifs, comme les Rolling Stones, pour une bande de chômeurs (jetez un oeil sur ebay et vous constaterai l'immensité de son catalogue musical) !

Musicalement, Teresa Teng était connue principalement pour son ton de voix doux et sincère résultant en l’enregistrement de plusieurs ballades romantiques dont plusieurs sont devenues des standards de la culture pop chinoise. D’ailleurs c’est ce type de chansons qui composent majoritairement la bande sonore de The Colorful Ripples. Heureusement, au travers cette abondance de mièvrerie, on retrouve une chanson plus rythmée, teintée de psychédélisme et répondant aux hauts standards de l’équipe des Rythmes Étranges.

Sep 23, 2011

25 Japon

Teengenerate, Get Action, Crypt Records, 1994

Au départ, j’avais en tête d’écrire ce billet à propos du premier disque du groupe rock psychadélique Speed Glue and Shinki (l’album jaune avec un tigre dessus) dont j’avais lu du bien sur le blogue de la compagnie de disques Now Again.  Après quelques écoutes, j’en suis arrivé à la conclusion que ça ne faisait pas du tout.  J’ai donc décidé de retourner à ma collection de disques et d’y ressortir un bon classique du punk-rock garage japonais : Get Action de Teengenarate paru en 1994.

Avec Guitar Wolf, les 5,6,7,8’s et les Registrators,  Teengeenrate fut sans doute l’un des plus illustres groupes japonais à jouer du punk garage pendant les années 1990.  Une époque fertile, où ces groupes multiplièrent les sorties de disques, quasi hebdomadaires, sur des compagnies comme Estrus, 1+2,  Crypt,  Rip Offs et la mythique Sympathy for the Record Industry.    

Malgré une carrière assez brève (1993-1996), le groupe a eu le temps de se monter une discographie assez impressionnante consistant en +/- 2 douzaines de 45 tours, un album, un album compilation de 45 tours et 2 ou 3 mini albums. Get Action est à mon avis leur classique.  La légende veut que le groupe enregistra une première version dans un studio de Seattle (je dirais que cette session eu lieu au Egg studio avec Jack Endino, mais j’ai pas de source pour cette affirmation) et que celle-ci fut refusée par Tim Warren, propriétaire de Crypt Records, qui la trouvait trop propre.  Le groupe retourna alors à Tokyo pour y enregistrer une deuxième version ‘live’ sur une console 4 pistes.  Ce choix fut judicieux, puisque le son brut de l’enregistrement met en évidence l’énergie et l’intensité du groupe qui rappellent celle des grands groupes punk des années 1970 ; pensez à Search and Destroy des Stooges, à Sonic Reducer des Dead Boys mélangés avec un Bill haley (le groupe reprend Shake, rattle and roll sur l'album) et vous aurez une idée assez juste du genre.  
                                                            Pendant l'enregistrment de Get Action à Tokyo.

 Let’s get Hurt est ma pièce préférée de cet album.  Une chanson à la vitesse dans le tapis et dans laquelle il est simplement impossible de comprendre une parole. En passant, la pochete : Superbe !.  

Dec 21, 2009

14 Inde

Rahul Dev Burman, Hum Kisise Kum Naheen, EMI, 1977.

La musique indienne est un monde vaste dans lequel j’ai encore bien de la difficulté à m’orienter ; l’Inde étant le deuxième pays le plus peuplé au monde, il est normal que sa production culturelle soit exhaustive et abondante. Écouter des bandes sonores des films de Bollywood est sans doute une bonne manière de s’introduire dans ce monde musical chaotique.

Intimement lié aux arts de la scène, la culture populaire indienne a véritablement connu une révolution avec l’avènement du son dans le cinéma au début des années 1930. Contrairement aux arts de la scène conventionnels, le cinéma permettait de réaliser des chorégraphies plus ambitieuses et d’en amortir les frais de réalisation sur plusieurs présentations. Ainsi, il devenait possible pour les réalisateurs d’imaginer et de mettre en scène des chorégraphies plus complexes impliquant plus de danseurs, de costumes et des décors plus grandioses. Il semblerait que certains producteurs obsédés trouvèrent le moyen de mettre en scène plus d’une cinquantaine de chansons dans un même film. Aujourd’hui, l’industrie du film indien est l’une, sinon la plus développée au monde et produit chaque année d’innombrables films d’action et comédies romantiques traitant sous toutes les facettes humainement possibles de l’amour.

Bien que les années 1950 soient catégorisées dans certains ouvrages comme l’âge d’or des compositeurs de bandes sonores de films, c’est plutôt au tournant des années 1970 que furent enregistrées les musiques de films les plus intéressantes. À cette époque, c’est une nouvelle génération qui prend la relève et celle-ci mélangea davantage les styles musicaux occidentaux tels que le rock psychédélique, le disco et le funk aux rythmes traditionnels indiens. De ces jeunes compositeurs, Rahul Dev Burman, considéré comme celui ayant révolutionné l’art de la musique de film en Inde, est sans doute un incontournable. Né à Calcutta et fils du célèbre compositeur Sachin Dev Burman, R.D. Burman composa sa première chanson dès l’âge de 9 ans. En raison de la qualité de celle-ci, son père l’enregistra avec son orchestre pour le film Funtoosh en 1956. R.D. Burman poursuivit ensuite sa carrière en assistant son père pour finalement voler de ses propres ailes et produire quelques 300 bandes sonores de films.

De l’ensemble de ces bandes sonores, celle du super hit Hum Kisise Kum Naheen, réalisé par Nasir Hussain en 1977, se démarque par son intensité et surtout sa qualité d’ensemble. L’histoire du film qui est plus ou moins intéressante, raconte la quête de Rajesh, un jeune chanteur de cabaret qui tente de retrouver la fortune familiale. Bien qu’il y ait des poursuites de voitures et des diamants cachés dans une ceinture, le film est loin d’être un chef-œuvre à la hauteur de sa bande sonore. Le disque débute avec un long medley d’une douzaine de minutes où R.D. Burman donne tout ce qu’il a ! Et contrairement à trop de bandes sonores qui s’essoufflent après quelques chansons, l’intensité d’Hum Kisise Kum Nasheen se poursuit jusqu’au dernier sillon de la face B !



Jan 29, 2009

7 Cambodge


Cambodian rocks, 1960-1970, Parallel World, 1996

Cambodian cassettes archives vol. 1. Khmer folk & pop vol. 1, Sublime Frequencies, 2004

Avant la prise de pouvoir par les Khmers rouge en 1975, le Cambodge était en pleine effervescence culturelle et sa musique populaire, alors très influencée par l’occident, était l’une des plus développées en Asie du Sud-Est.

C’est en 1963, que Sinn Sisamouth, considéré aujourd’hui comme le roi de la pop cambodgienne, enregistre le premier hit de rock’n’roll au pays. Pour la première fois, la chanson « Champa Batdambang » mettait à l’avant-scène un groupe de musiciens s’inspirant du rock’n’roll et rhythm’n’blues anglo-saxon. Le succès fut instantané et la carrière de Sinn Sisamouth pris un tel envol qu’il composa et enregistra plus de 500 chansons et inspira toute une génération de jeunes musiciens à former des groupes de musique populaire.

Le coup d’état et la prise du pouvoir par Pol Pot et les Khmers rouges en avril 1975, entraîna un génocide dévastateur pendant lequel plus de 90 % des musiciens furent tués. Le régime visait ainsi à effacer toutes traces de l’influence de l’occident en éliminant les intellectuels, les professeurs et les artistes en plus de détruire les ouvrages culturels dont les livres et les disques. Les disques produits au Cambodge avant les années 1980, sont donc aujourd’hui extrêmement rares. La musique des années 1960 et 1970 est plutôt disponible via des cassettes produites pendant les années 1980 et 1990. Ils existent actuellement plusieurs compilations de musique pop cambodgienne assemblées à partir de ces cassettes de qualité variable. Ces compilations sont en général le fruit d’amateurs s’étant procuré leurs cassettes directement auprès des vendeurs itinérants de Phnom Penh ou encore conçues à partir de fonds d’archives musicales des diasporas cambodgiennes tel que Cambodian Cassette Archives, Khmer Folk and Pop Music Vol. 1 paru en 2004 chez Sublime Frequencies.

À écouter :

Sinn Sisamouth, Ros Sereysothea et Pan Ron sont sans doute parmi les plus connus des chanteurs cambodgiens des années 1960 et 1970. La compilation Cambodian Rocks comprend une vingtaine de chansons originales ainsi que des interprétations de succès occidentaux comme une version déstabilisante du classique Gloria. L’ensemble des chansons sont chantées en langue khmer et le résultat de ce mélange de mélodies traditionnelles et de rock garage américain est, bien que pas toujours facile à écouter, unique. Les solos d’orgues et de guitares électriques sont nerveux, stridents et parfaitement maîtrisés, et à l’écoute de la voix de Ros Sereysothea sur Wait 5 more months je me demande toujours comment est-il humainement possible de chanter aussi aigu.

La dernière des trois chansons fut probablement enregistrée au début des années 1980. Elle témoigne de l’évolution de la musique populaire cambodgienne après le génocide. Malheureusement l’interprète ainsi que le lieu de l’enregistrement de cette chanson sont aujourd’hui inconnus, ce qui n’empêche aucunement d’en apprécier son air de clavier un peu cheap, mais accrocheur.

Maok Pi Naok -Sinn Sisamouth accompagné de Ros Sereysothea, Pan Ron et Dara Jamchan

Wait 5 more months – Ros Sereysothea avec Seang Vanthy et Jam 5 Kai Thiet

Sat Tee Touy ou Yea Hua Dam – chanteur inconnu